La Plume

et tous ses grands plaisirs

11 novembre 2007

Miss Clara

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Aujourd'hui, je vais vous présenter certaines œuvres d'une artiste. Son univers me captive et ce n'est pas parce qu'elle est bordelaise comme moi, ni parce qu'elle est née en 65, comme moi.

Lorsque je regarde les réalisations de MISS CLARA, j'y vois une part de mon enfance. C'est le mélange entre l'imaginaire et la réalité de l'enfance.

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Le souvenir d'un parquet, d'une scène, de costumes, de couleurs, d'un rideau rouge passé, d'une agitation et de rires nerveux. Les coulisses d'un théâtre, des ombres qui s'enfuient, légères, derrière les décors sombres d'une autre histoire.

 

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Enfant, j'allais me promener et courir sur un chemin. C'était un endroit étrange. Une large et longue allée terreuse bordée d'arbres, en pente raide. Au bout de ce chemin, en contre bas, il y avait un haut et vieux portail qui donnait sur un immense jardin. Je restais de longs moments accrochée à ce portail à observer le moindre mouvement. Il était interdit d'entrer. Pourquoi?

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Mon enfance, c'est aussi cette vieille demeure abandonnée près de chez nous. Un volet cassé nous permettait de voir l'intérieur. Personne ne vivait là et jamais personne ne venait lui rendre vie. Sur la pointe des pieds, ma sœur et moi regardions par l'interstice d'un volet cassé. C'était une chambre, plongée dans la pénombre et nous scrutions cette pièce dans ses moindre détails.

Qu'avons-nous vu à part l'irréel? Un lit, l'ombre d'une longue robe sombre et une grande cheminée de marbre.


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Etre une princesse. Voilà le rêve de beaucoup de petites filles de l'époque. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1973, mes parents ont passé leur nuit à réaliser une robe de princesse. Une jolie robe bleue et blanche qui ressemblait étrangement à cette création de Miss Clara. Mon père faufilait, ma mère cousait et les enfants dormaient...

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Entre le rêve et la réalité. J'ai tellement cru au père noël que j'en suis restée marquée et chaque année, j'y crois encore....

Une nuit de noël, j'ai fait un rêve aussi étrange que merveilleux. C'était la pleine lune et les étoiles filantes faisaient un véritable ballet. Comme à l'opéra. C'était une véritable pluie d'étoiles. Toutes ces étoiles faisaient un spectacle pour une unique spectatrice, la lune. Et moi, je regardais sans y être invitée. Je me trouvais là par hasard....

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31 mai 2006

ROSA BONHEUR, UNE FEMME LIBRE

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Pour faire un pied de nez aux Bretons qui possèdent de fabuleuses histoires de héros légendaires, j'étais partie à la recherche d'une histoire de héros sensationnel de la région bordelaise (Aquitaine, Guyenne). Je ne remettrai pas en cause ma capacité à trouver l'information sur Internet et j'affirme que Internet n'est pas assez documenté. En clair, la toile ne m'a livré aucun nom, aucune histoire fabuleuse d'un héros bordelais, attachant et bravant les ennemis ou inventant des devises (voir la nouvelle "Maitre renard : véritable muse")...
Comme  virtuellement, je n'avais rien trouvé, j'ai lancé un appel par mail à ma famille en espérant que l'un d'entre eux me dévoile un nom, une histoire, un conte réel peut-être? Les jours passèrent sans aucune réponse à mon appel... Mais un matin, j'ai reçu un message bref de ma mère : « Tu as Rosa Bonheur, célèbre peintre animalier née à Bordeaux en 1822. Sa Maison de Thomery-By près de Fontainebleau que nous devions aller visiter samedi dernier a été transformée en musée. Orsay expose une merveilleuse peinture "Le labourage nivernais". Tu as l'impression d'être devant une réalité. C'est merveilleux. »
Au premier abord, les quelques renseignements que ma mère me fournissait, ne me disaient rien de bon quant à l'éventuel « héros » légendaire dont je voulais vous parler et puis, c'est vrai, j'étais partie pour une histoire de héros et non d'héroïne (honte sur moi!!). Or, c'était, de ma part, trop vite oublier la place des femmes de son époque. Vous comprendrez très vite, en lisant son histoire, qu'à sa manière, elle a bien été une héroïne puisqu'elle a su vivre en femme libre à une époque où la femme était considérée comme juridiquement incapable.

Rosa Bonheur est  née le 16 mai 1822 à Bordeaux. Artiste, elle est considérée comme la plus grande peintre animalière du monde.  C'est son père, peintre paysagiste et professeur de dessin, qui lui  apprend très tôt la peinture, les écoles d'art n'étant pas, à cette époque, ouvertes aux filles.
A 21 ans elle expose pour la première fois au Salon de Paris et deux ans plus tard, le salon lui décerne une médaille d'or. Ses thèmes de prédilection sont les scènes des champs et de la vie rurale. En 1849, elle expose le Labourage nivernais et en 1853, avec le Marché aux chevaux, elle connaît une gloire internationale.
Rosa Bonheur a été la première femme artiste à avoir été décorée de la Légion d'honneur. Elle a reçu cette distinction des mains de l'impératrice Eugénie en 1865 et en 1894, elle est nommée officier en cet ordre.
Amoureuse de la campagne et des animaux, elle a été l'un des premiers membres de la SPA. Au sommet de sa gloire, Rosa décide d'acheter le château de By, à Thomery, qu'elle peuple d'animaux domestiques et sauvages. Elle y reçoit ses amis connus (l'impératrice Eugénie, le Colonel Codi -Buffalo Bill-) et inconnus.
Enfant, on la disait garçon manqué. Adulte, Rosa Bonheur allait à l'encontre des normes. Elle portait les cheveux courts, fumait des Havanes et montait à cheval à califourchon. Elle portait des pantalons, plus pratique pour se déplacer dans les champs, dans les foires à bestiaux et dans les abattoirs, ce qui l'obligeait à demander  à la police un permis de travestissement, renouvelable tous les six mois.
Rosa Bonheur ne se maria jamais mais elle a entretenu dès 1845 une relation amoureuse avec Nathalie Micas qui mourra en 1889. Elle rencontre alors Anna Elisabeth Krumpke, une américaine de San Francisco avec qui, elle vivra jusqu'au décès de celle-ci.
Rosa Bonheur a eu une carrière artistique glorieuse. Femme émancipée, indépendante, libre, elle a su vivre comme elle l'entendait à une époque où les femmes étaient bridées et corsetées.  A sa manière, elle a  participé à l'émancipation et à l'affranchissement des femmes.
Le musée d'art moderne de New York conserve deux toiles de Rosa Bonheur, Le marché aux chevaux et Le sevrage des veaux.
A visiter : L'atelier de Rosa Bonheur dans le Musée-Château de By, à Thomery est ouvert au public, les samedis et mercredis après-midi. On peut y admirer une toile inachevée de chevaux au galop trônant sur le chevalet.

 Vous pouvez voir dans l'article du 28 août 2006 des photos de l'atelier de Rosa Bonheur  CLIC ICI

Posté par lacoco à 22:09 - 006- ARTISTES - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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